Ngandanjika : la dégradation du bac Kalelu préoccupe entre la Lomami et le Kasaï-Oriental

La dégradation avancée du bac Kalelu, reliant les provinces de la Lomami et le Kasaï-Oriental sur l’axe Ngandanjika-Kasansa, suscite une vive inquiétude parmi les usagers. Une partie de l’ouvrage est aujourd’hui presque immergée, exposant quotidiennement passagers, moto-taximen et marchandises à des risques majeurs. Faute d’itinéraire alternatif, ce passage stratégique continue d’être emprunté malgré son état critique:
Le bac prend de l’eau et peut céder à tout moment. Chaque traversée est un danger
Témoigne un moto-taximan rencontré sur place
Selon plusieurs sources locales, à l’époque de la gestion mixte conduite sous l’autorité coutumière des grands chefs Bakua Kalonji et Bakua Mulumba, l’appui de l’A.S.B.L Projet Ditunga comme intermédiaire financier permettait d’assurer des répartitions rapides et régulières du bac.
Ce mode de gestion favorisait une maintenance préventive et une réponse rapide aux dégradations de l’ouvrage. La suppression de ce mécanisme de gestion concertée a laissé place à des dysfonctionnements internes, ralentissant les interventions techniques et contribuant à la détérioration actuelle de cette infrastructure vitale pour les deux provinces.
Sur le plan institutionnel, des divergences sont apparues entre la Lomami et le Kasaï-Oriental quant à la prise en charge financière des travaux. Le porte-parole du gouverneur du Kasaï-Oriental, Marc Valentin Kalcind, a assuré que sa province avait déjà disponibilisé sa part, affirmant que la contribution de la Lomami tardait à être versée. Il a précisé que le Kasaï-Oriental était disposé, sur demande de la Lomami, à prendre seul en charge les travaux avec un mécanisme de récupération ultérieure des fonds investis.
Cette version a été formellement démentie par le ministre provincial des infrastructures et travaux publics de la Lomami, Jean Anatole Cibangu Kabamba. Il a indiqué que la Lomami n’avait jamais demandé au Kasaï-Oriental d’assumer seul cette responsabilité, soulignant que la contribution financière de sa province venait d’être débloquée et que la Lomami entendait assumer pleinement sa part.
La situation a également interpellé le profersseur ordinaire Abbé Apollinaire Cibaka Cikongo, recteur de l’Université officielle de Mbujimayi et président du Conseil d’administration de l’ASBL Projet Ditunga. Revenant spécialement sur l’état de bac Kalelu, il a déploré la lenteur observée dans la prise de décisions.
Nous débattons encore parce qu’il n’y a pas encore de mort là-bas. Pourtant, le danger est réel et permanent. Il ne faut pas attendre un drame pour agir, a-t-il averti.
De leur côté, les autorités provinciales de la Lomami et du Kasaï-Oriental annoncent le début imminent des travaux de réparation, dans l’objectif de sécuriser cet axe vital pour les échanges économiques et sociaux entre les deux provinces.
En attendant l’exécution effective de ces travaux, la traversée du bac Kalelu demeure un risque quotidien pour les usagers reliant la Lomami et le Kasaï-Oriental.

